
L'Amazonie
La région Amazonienne
L'Amazonie est une immense plaine couverte par la plus grande forêt du monde intertropical, et traversée par le fleuve le plus puissant du monde. Elle couvre près de 6 millions de kilomètres carrés et s'étend sur neuf pays différents : le Brésil, pour ses trois cinquièmes environ, la Colombie et le Pérou, et dans une moindre mesure la Bolivie, le Venezuela, l'Équateur, la Guyane, le Suriname et la Guyane française.
Sa population a doublé en trente ans, mais reste faible au regard de ses immenses potentialités économiques, qui recouvrent des activités aussi diverses que l'exploitation du soja, de la palme africaine et des biocarburants, mais aussi l'exploitation minière et la production d’énergie hydroélectrique. Et bien sûr le tourisme, de plus en plus de voyageurs à la recherche d'aventure et de découverte partant pour des séjours, circuits, excursions et treks en Amazonie.
Climat
La région bénéficie d'un climat chaud et humide, avec une température moyenne de 26 °C. Quant aux précipitations, elles varient de 2 100 mm/an à 2 450 mm/an, avec des pointes dans sa partie nord-ouest de plus de 10 000 mm de pluie/an.
La forêt
La forêt amazonienne forme avec les forêts du bassin de l'Asie-Pacifique et du Congo une ceinture verte encerclant la Terre. Plus grande forêt pluviale de la planète, elle représente 50% des forêts tropicales du monde. Elle régule les changements climatiques en absorbant le gaz carbonique et produit 15% de l'eau des rivières mondiales.
Attaquée de tous côtés, la forêt amazonienne reste encore à 80% intacte.
Elle abrite ainsi 10% de toutes les espèces végétales et animales du monde et représente le dernier refuge pour de nombreuses espèces.


Relief et sols
Les altitudes du relief régional atteignent rarement 600m, et sont le plus souvent inférieures à 200m, situation idéale pour des treks en Amazonie. Parallèlement à l'axe du fleuve, les terrasses fluviales inondables concentrent les sols fertiles, soit 3% à peine de la superficie totale.
Les terres fermes non inondables ne sont plus que des sables à près d'un mètre de profondeur et couverts de forêt.
Le fleuve amazone
Second fleuve par sa longueur (6 400 km) après le Nil, l'Amazone prend sa source au Pérou pour se jeter dans l'océan Atlantique. Il est le premier par le volume des eaux qu'il charrie grâce à la surface de son bassin, le plus grand du monde avec 7 millions de km2.
On estime son débit moyen à l'embouchure à 180 000 m3/s.
La nature différente de ses affluents est due aux alluvions : les rios negros charrient du fer et des matières organiques, alors que les rios limpides d'agua limpa, et les rios brancos sont chargés d'alluvions clairs et opaques. Un spectacle grandiose à découvrir lors de vos excursions en Amazonie.
À la saison sèche, la largeur du fleuve Amazone atteint à certains endroits 4 à 5 km, alors qu'à la saison humide du fait des fortes précipitations, elle peut atteindre 50 km et la vitesse du courant dépasser les 8km/h. Des barrages hydroélectriques comme celui d'Itaipu tirent partie de cette puissance du fleuve. Toutefois, des projets comme le méga-barrage de Belo Monte au Brésil, dont les travaux pharaoniques ont commencé sur le fleuve Xingu, menacent les villages indigènes défendus par le chef Raoni.
En Amazonie, il existe deux types de fleuve
Les fleuves qui prennent leur source dans la cordillère des Andes charrient des sédiments et sont de couleur marron.
Au moment de la décrue, leurs rives sont très fertiles et l’on peut y cultiver pendant 4 à 6 mois des plantes à croissance rapide comme le maïs, le yucca ou le manioc, et la banane plantain.
On effectue ensuite la récolte avant l’inondation des rives.
Le différentiel entre crues maximales et minimales est d’environ trente mètres, mais les rives peuvent être inondées sur plusieurs kilomètres.
Les terres sont très planes et la ville de Leticia, point de départ des excursions et treks en Amazonie, se trouve à 4 000 km de l’océan atlantique mais à seulement 80 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les fleuves prenant leur source dans la forêt sont quant à eux de couleur vin rouge.
Du fait de leur fort taux d'acidité, leurs rives sont peu fertiles, et leur niveau s’élève beaucoup car le fleuve amazone, lorsqu'il est en crue, bloque la sortie de ces fleuves qui naissent dans la forêt.
Les crues du fleuve Amazone sont dues quant à elles aux fortes précipitations et à la fonte des glaciers de la cordillère des Andes (en été dans la cordillère).
La forêt amazonienne dépend ainsi directement du fleuve Amazone, qui dépend lui-même de la cordillère des Andes. Quand le niveau du fleuve est bas, c’est une bonne saison pour la pêche, et lorsqu'il est haut, c’est alors la période de chasse.
Fleuves, rivières et lacs
Le bassin de l'Amazone est le plus grand bassin fluvial au monde.
Avant la construction de routes et de liaisons aériennes, ces fleuves et rivières étaient les principales voies de communication de la région.
Le bassin de l'Amazone comprend le fleuve lui-même et ses quelques 1 100 affluents, dont le Rio Negro, le Rio Purus, le Madeira et le Napo, que vous pourrez découvrir lors de vos circuits en Amazonie. Une des conséquences des inondations a été la formation de lacs, d'îles et de branches latérales, surtout au confluent des grandes rivières du rio Negro, du Madeira et du Tapajoz. Les principaux lacs, appelés Agoa-Redonda ou eau ronde, sont reliés au fleuve par un réseau complexe de cours d'eau. Il s'agit des lacs Cadaya, Saraca, Jamunda, Campinas, Surubiu ou encore Urubucuara.
Histoire générale de la conquête de l’Amazonie
La conquête de l’Amazonie par les Espagnols et les Portugais a été de nature différente. Les Espagnols étant attirés par l’or, l’Amazonie ne les intéressait pas. Ils y sont arrivés en partant du Pérou, avec des religieux qui traversaient la cordillère des Andes pour évangéliser les villages. Les Portugais rentraient eux par le fleuve Amazone, avec de grands navires emplis de colons de différents corps de métiers : soldats, scientifiques, marchands, etc.
Rencontre entre colons et Indiens d’Amérique
Quand Christophe Colomb est arrivé sur la côte de ce qui est aujourd’hui le Brésil, il voulait pratiquer le commerce des épices, comme en Inde. Les peuples d’Amazonie attendaient eux l’arrivée d’un messie. Aussi, lorsque Colomb a rencontré les natifs pour la première fois, ils lui ont offert un hamac et une pelote de fil de coton, objets symboliques que l’on offre traditionnellement à un nouveau né. C'était un geste religieux, puisque le hamac représente l’utérus et les deux cordes pour l’accrocher le féminin et le masculin, la pelote de coton servant à tisser son vêtement.
Christophe Colomb a vu lui dans ce geste un échange commercial, qui par la suite s’avèrera une grande trouvaille. En effet, le hamac accroché dans le bateau lui permettait de ne pas tomber de sa couche par mauvais temps, et de rester sûrement balancé. Ainsi, la Marine l’utilise depuis 1700 et, lorsqu'au moment des combats navals on ordonnait : "Branle-bas de combat !", cela donnait le signal pour enrouler son hamac et s’en servir de bouclier.
Par la suite les Indiens ceindrons Christophe Colomb de la couronne de plumes bleues, jaunes et rouges, les trois couleurs primaires (reprises par l’église catholique et la trinité : le père, le fils et le saint esprit). Et ils lui offriront la coca et le tabac, qui deviendront bientôt des industries très lucratives.
Fransico de Orellana découvre le fleuve amazone.
C’est vers 1530 que Francisco Pizarro et Francisco De Orellana partent en expédition depuis le Pérou, à la recherche de la cannelle d’Amazonie, épice de grande valeur que l'on rapportait d’Inde à l’époque. 400 Espagnols, 200 chevaux, 500 cochons et 4 000 Indiens prisonniers : l’histoire de cette incroyable expédition est racontée dans l'excellent livre de William Ospina, "Le Pays de la Canelle".
Versions historiques démentant les précédentes…
Christophe Colomb à découvert l’Amérique à la fin du 15ème siècle, dit-on. Mais il existerait des cartes de l’Amérique du Sud dessinées, bien avant Colomb, par les Vikings et des peuples d'Asie et d'Océanie, et qui seraient conservées secrètement au Vatican...
Les différentes époques d’exploitation de la forêt amazonienne et de ses habitants
La forêt amazonienne a connu différents types d’exploitation selon les époques. Au 16ème siècle, elle a été exploitée pour la canne à sucre et la fabrication du rhum et des cordages pour les bateaux ; pour le bois et la construction des navires ; pour le commerce de fruits, de légumes et de viande avec les indigènes.
Les premières maladies virales faisant leur apparition en Amérique du Sud, beaucoup d’indigènes mourront de la rougeole, de la vérole, et surtout de la grippe.
Plus tard, une nouvelle grande époque d’exploitation commence avec le caoutchouc, fin du 19ème et début du 20ème siècle, avec les débuts de l’industrie et la première guerre mondiale. Puis, les graines de caoutchouc seront transportées et semées en Indonésie, ou de gigantesques exploitations mettront fin à sa culture en Amazonie. Mais, durant la deuxième guerre mondiale, les japonais bloqueront l’accès à ces plantations aux Anglais. Ainsi, une nouvelle vague d’exploitation du caoutchouc aura lieu pendant la deuxième guerre mondiale.
Plus de 75% de la population indigène mourra alors à la suite des mauvais traitements administrés par l’entreprise Anglo-péruvienne "La Casa Arana". Julio César Arana, son propriétaire et baron du caoutchouc résidant à cette époque à Manaus, capitale du département Amazonas au Brésil, sera dénoncé par le consul du Brésil puis jugé et exécuté en Angleterre.
En 1960 commence 25 ans d’exploitation intensive de peaux et fourrures : jaguars, loutres, loups, manatis, guacamayas et autres caïmans, ainsi que l'exportation d’oiseaux vivants (gucamayos ou perroquets) et de singes frailes. Ce commerce sera finalement interdit en 1985. Dans les années 80, c'est la cocaïne, fabriquée à base de feuilles de coca et de produits chimiques, qui fera l'objet d'une exploitation destructrice, au prix de nombreuses vies humaines, surtout parmi la population native. En 1990, ce sera le début de l'exportation de poissons pour les aquariums d'occident.
Le tourisme fait son apparition au début des années 1970, d'abord pour quelques personnalités fortunées, du fait de la difficulté d’accès de la région et de son manque d’infrastructures. Néanmoins, malgré la mondialisation et la globalisation et l'apparition des premiers sacs en plastique, puis des véhicules à moteur et des téléphones portables dans les années 80, l’industrie touristique s’oriente aujourd’hui vers des formes plus respectueuses d’éco et ethno-tourisme, qui inspirent l'ensemble de nos treks et excursions en Amazonie.
